{"id":448,"date":"2016-01-25T12:32:35","date_gmt":"2016-01-25T11:32:35","guid":{"rendered":"http:\/\/www.cuem.info\/?page_id=448"},"modified":"2016-01-25T12:32:35","modified_gmt":"2016-01-25T11:32:35","slug":"resume-a-lacroix-riz","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.cuem.info\/?page_id=448","title":{"rendered":"R\u00e9sum\u00e9 A. Lacroix-Riz"},"content":{"rendered":"<p><strong>Annie LACROIX-RIZ :<\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Syndicalisme ouvrier et imp\u00e9rialisme depuis les ann\u00e9es 1930 <\/em><\/strong><\/p>\n<p>Conf\u00e9rence no 3 du Cycle 2015-2016 &#8211; Jeudi 17 d\u00e9cembre 2015 &#8211; Amphi Roussy (Campus des Cordeliers)<\/p>\n<p>Annie Lacroix-Riz est professeur \u00e9m\u00e9rite d&rsquo;histoire contemporaine \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 Paris-VII.<\/p>\n<p>Michel Gruselle ouvre la s\u00e9ance avec les remerciements d&rsquo;usage et en rappelant les informations de base concernant le site du CUEM, le S\u00e9minaire Marx-au-21 \u00e0 la Sorbonne, etc. Il annonce une conf\u00e9rence-dossier sur l&rsquo;histoire et la m\u00e9moire ouvri\u00e8re aux usines Renault : comment se sont constitu\u00e9s la CGT et le PC dans des luttes de classes embl\u00e9matiques. Notre conf\u00e9renci\u00e8re, Annie Lacroix-Riz, est bien connue de la plupart d&rsquo;entre vous qui ont lu ses principaux ouvrages, \u00ab\u00a0<em>Le Choix de la D\u00e9faite<\/em>\u00ab\u00a0, \u00ab\u00a0<em>Le Vatican, l&rsquo;Europe et le Reich<\/em>\u00ab\u00a0, \u00ab\u00a0<em>Industriels et banquiers fran\u00e7ais sous l&rsquo;Occupation<\/em>\u00ab\u00a0, etc. Le sujet d&rsquo;aujourd&rsquo;hui tourne autour de son dernier ouvrage sur la scission syndicale de 1947-48, \u00ab\u00a0<em>Scissions syndicales, r\u00e9formismes et imp\u00e9rialisme\u2026<\/em>\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u2014\u2014\u2014\u2014<\/p>\n<p><strong>Introduction<\/strong><\/p>\n<p>Pourquoi ce livre? A l&rsquo;origine, une F\u00e9d\u00e9ration de la CGT (Agriculture) avait demand\u00e9 \u00e0 Annie Lacroix-Riz de faire un topo historique sur la F\u00e9d\u00e9ration Syndicale Mondiale (FSM) dont c&rsquo;est le 70<sup>e<\/sup> anniversaire (1945-2015). Ayant compil\u00e9 un certain nombre d&rsquo;articles anciens sur le sujet dit-elle, j&rsquo;ai r\u00e9alis\u00e9 combien il serait important de pouvoir disposer d&rsquo;un travail syst\u00e9matique sur l&rsquo;histoire du syndicalisme. Derni\u00e8rement est paru un ouvrage en termes tr\u00e8s l\u00e9nifiants (solidarit\u00e9, bien-\u00eatre, r\u00e9sistances) en relation avec une exposition patronn\u00e9e par la Mairie de Paris. On constate un \u00e9norme foss\u00e9 avec les r\u00e9alit\u00e9s que l&rsquo;on trouve dans les archives, c&rsquo;est-\u00e0-dire avec les r\u00e9alit\u00e9s de la \u00ab\u00a0lutte des classes\u00a0\u00bb, un terme qui est devenu un \u00ab\u00a0gros mot\u00a0\u00bb aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n<p>Cet expos\u00e9 veut montrer l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de l&rsquo;\u00e9tude des scissions syndicales et comment celle-ci \u00e9claire la question suivante\u00a0: qu&rsquo;est-ce que le r\u00e9formisme syndical? Accessoirement, les difficult\u00e9s d&rsquo;acc\u00e8s aux sources pour ce genre de recherche ne sont pas sans int\u00e9r\u00eat non plus.<\/p>\n<p>On revient forc\u00e9ment \u00e0 l&rsquo;imp\u00e9rialisme et au petit livre de L\u00e9nine, \u00ab\u00a0<em>L&rsquo;imp\u00e9rialisme, stade supr\u00eame du capitalisme<\/em>\u00a0\u00bb (1916-1917) qui explique les cons\u00e9quences politiques et syndicales de la concentration du capital. L&rsquo;essor du mouvement syndical a eu pour cons\u00e9quence la constitution d&rsquo;aristocraties ouvri\u00e8res qui ont fait la base du r\u00e9formisme en cherchant \u00e0 pr\u00e9senter le capitalisme sous un jour sympathique.<\/p>\n<p><strong>Tout d&rsquo;abord, il faut pr\u00e9ciser trois points :<\/strong><\/p>\n<p>(1) L&rsquo;organisation de lutte de classe de la bourgeoisie &#8211; l&rsquo;organisation patronale &#8211; n&rsquo;a pratiquement jamais connu de scission : elle est au contraire remarquablement p\u00e9renne et seul le nom change. La CGPF (Conf\u00e9d\u00e9ration G\u00e9n\u00e9rale de la Production Fran\u00e7aise) apparue en 1919, devient la Conf\u00e9d\u00e9ration G\u00e9n\u00e9rale du Patronat Fran\u00e7ais (m\u00eame sigle CGPF) en 1936, puis le CNPF (Conseil National du Patronat Fran\u00e7ais) en 1946, avant de devenir le MEDEF (Mouvement des Entreprises de France) en 1998.<\/p>\n<p>(2) A l&rsquo;oppos\u00e9, le mouvement ouvrier fran\u00e7ais a connu des scissions syndicales r\u00e9p\u00e9t\u00e9es.<\/p>\n<p>(3) Ces scissions syndicales <em>n&rsquo;ont jamais eu<\/em> de causes endog\u00e8nes, proprement syndicales.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Dans son livre sur l&rsquo;imp\u00e9rialisme, L\u00e9nine \u00e9voque le poids tr\u00e8s lourd du patronat dans chaque branche industrielle. Mais avec la Premi\u00e8re Guerre mondiale appara\u00eet un fait nouveau : d\u00e9sormais, le patronat \u00e9tranger (d&rsquo;abord am\u00e9ricain) intervient plus ou moins directement en France. En effet, la loi du d\u00e9veloppement in\u00e9gal se traduit tr\u00e8s directement par le fait que l&rsquo;imp\u00e9rialisme fran\u00e7ais, qui faisait partie de dominants en 1914, devient domin\u00e9 en 1919. Or les capitalismes dominants aspirent \u00e0 l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie.<\/p>\n<p>Kees van der Pijl (<em>The making of an Atlantic Ruling Class<\/em>, 1984), s&rsquo;inspirant des travaux de Poulantzas, Gabriel Kolko, etc. a montr\u00e9 avec les cons\u00e9quence du Plan Marshall, et auparavant lors des man\u0153uvres h\u00e9g\u00e9moniques de l&rsquo;\u00e8re wilsonienne, comment se forme cette classe dirigeante h\u00e9g\u00e9monique \u00ab\u00a0atlantique\u00a0\u00bb &#8211; de 1880 \u00e0 1970.<\/p>\n<p>Avec le recul, nous comprenons que l&rsquo;imp\u00e9rialisme am\u00e9ricain a, depuis longtemps, des int\u00e9r\u00eats internationaux au moins aussi importants que ses int\u00e9r\u00eats nationaux. En\u00a0 cons\u00e9quence, on voit\u00a0 l&rsquo;organisation d&rsquo;un consensus des classes bourgeoises des pays capitalistes d\u00e9velopp\u00e9s gr\u00e2ce \u00e0 des m\u00e9canismes et \u00e0 des institutions dont le \u00ab\u00a0<em>groupe de Bilderberg<\/em>\u00a0\u00bb est un bon exemple.<\/p>\n<p>C&rsquo;est une chose tout \u00e0 fait diff\u00e9rente que d&rsquo;obtenir un consensus populaire appuy\u00e9 sur le mouvement syndical si l&rsquo;on consid\u00e8re les difficult\u00e9s pour construire un front syndical uni, difficult\u00e9s dont t\u00e9moigne le nombre important de scissions syndicales. Le patronat dispose de divers moyens pour \u00ab\u00a0tenir\u00a0\u00bb les travailleurs et leurs repr\u00e9sentants. Les scissions ne sont pas un ph\u00e9nom\u00e8ne nouveau : elles sont aussi vieilles que le mouvement syndical, mais on conna\u00eet mieux celles d&rsquo;apr\u00e8s 1945. Leur premi\u00e8re condition, c&rsquo;est la pr\u00e9sence et l&rsquo;action de dirigeants syndicaux non hostiles au Capital, qui pr\u00f4nent une \u00ab\u00a0cogestion\u00a0\u00bb harmonieuse des salaires.<\/p>\n<p><strong>Quelques rappels de l&rsquo;histoire du mouvement ouvrier et syndical<\/strong><\/p>\n<p>En France, la naissance de la CGT (1895) est li\u00e9e au mouvement ouvrier anarchiste, s&rsquo;affirmant comme r\u00e9volutionnaire par ses objectifs g\u00e9n\u00e9raux (association des travailleurs, gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale) mais plus ambig\u00fc vis-\u00e0-vis du patronat et, en fait, proche du courant social-d\u00e9mocrate. Un s\u00e9rieux probl\u00e8me s&rsquo;est pos\u00e9 \u00e0 lui avec l&rsquo;apparition du courant \u00ab\u00a0r\u00e9volutionnaire\u00a0\u00bb guesdiste diffusant la pens\u00e9e Marx. Contre lui, au Congr\u00e8s d&rsquo;Amiens, en 1906, les dirigeants \u00ab\u00a0anarcho-syndicalistes\u00a0\u00bb (en fait socio-d\u00e9mocrates) Griffuehles et Pouget ont fait valoir le principe \u00ab\u00a0d&rsquo;ind\u00e9pendance syndicale\u00a0\u00bb, vis-\u00e0-vis des partis et des options politiques (de gauche). Griffuehles, dirigeant soi-disant \u00ab\u00a0anarcho-syndicaliste\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0apolitique\u00a0\u00bb \u00e9tait en fait membre du parti socialiste SFIO<\/p>\n<p>La situation est identique en Grande-Bretagne o\u00f9 un lien tr\u00e8s fort existe entre les \u00ab\u00a0Trade-Unions\u00a0\u00bb (syndicats r\u00e9formistes et hostiles \u00e0 toute r\u00e9volution) et le Parti \u00ab\u00a0Travailliste\u00a0\u00bb. Et il en est de m\u00eame en Allemagne, en Bergique, etc.<\/p>\n<p>L&rsquo;influence \u00e9trang\u00e8re, c&rsquo;est-\u00e0-dire am\u00e9ricaine. Aux USA, <em>l&rsquo;American Federation of Labor<\/em> (AFL) repr\u00e9sente un syndicalisme compl\u00e8tement align\u00e9 sur le patronat. Son dirigeant, Samuel Gompers (1850-1924) qui a dirig\u00e9 l&rsquo;AFL pendant 38 ans et jusqu&rsquo;\u00e0 sa mort \u00e9tait farouchement hostile au syndicalisme de luttes de classes et au syndicalisme r\u00e9volutionnaire.<\/p>\n<p>En France, la premi\u00e8re scission de la CGT, en 1920-22, a eu lieu sous la pression ext\u00e9rieure des \u00e9v\u00e9nements cons\u00e9cutifs de la R\u00e9volution d&rsquo;Octobre et \u00e0 la guerre civile russe. Apr\u00e8s le Congr\u00e8s de Tours (1921) de la SFIO et la naissance du PCF, la CGTU se constitue, en 1922, au congr\u00e8s de St Etienne, comme un syndicat unitaire de lutte de classes en rupture avec l&rsquo;ancienne CGT de L\u00e9on Jouhaux. La CGTU est dirig\u00e9e par Gaston Monmousseau auquel succ\u00e9dera plus tard Beno\u00eet Frachon. En 1936, au congr\u00e8s de Toulouse, surviendra une fragile r\u00e9unification CGT-CGTU sous la pression de la base. Une fois tourn\u00e9e la page du Front Populaire et ent\u00e9rin\u00e9s les Accords de Munich (1938), le grand patronat consid\u00e8re que le \u00ab\u00a0Munich ext\u00e9rieur\u00a0\u00bb doit \u00eatre compl\u00e9t\u00e9 par un \u00ab\u00a0Munich int\u00e9rieur\u00a0\u00bb. En 1939, apr\u00e8s une s\u00e9rie de d\u00e9faites dans les luttes, les militants \u00ab\u00a0unitaires\u00a0\u00bb partisans d&rsquo;une CGT de luttes de classe sont exclus par le groupe de L\u00e9on Jouhaux sous pr\u00e9texte qu&rsquo;ils refusent de condamner le Pacte germano-sovi\u00e9tique (ao\u00fbt 1939). Jouhaux est redevenu le patron d&rsquo;une CGT pr\u00eate \u00e0 collaborer.<\/p>\n<p>A l&rsquo;\u00e9poque, une partie des moyens des syndicats provenaient du patronat et des syndicats am\u00e9ricains, les archives de l&rsquo;entre-deux-guerres en font foi. (Probl\u00e8mes li\u00e9s \u00e0 l&rsquo;ouverture r\u00e9cente de ces archives).<\/p>\n<p>Survient alors le d\u00e9clenchement de la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale, \u00e0 propos duquel il faut lire \u00ab\u00a0<em>L&rsquo;\u00e9trange d\u00e9faite<\/em>\u00a0\u00bb de Marc Bloch. Celui-ci laisse entendre que la d\u00e9faite de 1940 fut l&rsquo;effet d&rsquo;une trahison pure et simple. En 1940, la CGT s&rsquo;est retrouv\u00e9e avec l&rsquo;ahurissante responsabilit\u00e9 de faire accepter l&rsquo;occupation et l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie allemande par la classe ouvri\u00e8re. Ses dirigeants ont abdiqu\u00e9 toute dignit\u00e9.<\/p>\n<p>Pendant la guerre, plusieurs membres notoires du groupe Jouhaux ont collabor\u00e9 activement. Ren\u00e9 Belin, issu de la F\u00e9d\u00e9ration des PTT est devenu ministre du Travail de P\u00e9tain en 1940 (dissolution de la CGT et des syndicats, semaine de 60 heures, Charte corporatiste du Travail, signe le statut des juifs). Ren\u00e9 Bard, chef de la F\u00e9d\u00e9ration des mineurs, qui avait accus\u00e9 les \u00ab\u00a0unitaires\u00a0\u00bb luttant pour la paix en 1938 d&rsquo;\u00eatre \u00ab\u00a0les paillassons de Daladier\u00a0\u00bb, collabore ensuite activement avec les Allemands.<\/p>\n<p>En France, la collaboration syndicale avec le patronat et, par voie de cons\u00e9quence, avec le patronat allemand a \u00e9t\u00e9 ant\u00e9rieure \u00e0 la guerre. Les gens de l&rsquo;Ambassade d&rsquo;Allemagne sont rentr\u00e9s en Allemagne en 1939 \u00e0 la d\u00e9claration de guerre, mais ils sont vite revenus (les m\u00eames) en 1940 et l&rsquo;influence allemande s&rsquo;est alors exerc\u00e9e directement sur les syndicats.<\/p>\n<p>L\u00e9on Jouhaux, le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de la CGT avant la guerre, habilement, ne s&rsquo;en m\u00eale pas. Il laisse faire et s&rsquo;occupe de r\u00e9duire l&rsquo;influence communiste dans la classe ouvri\u00e8re. Assign\u00e9 \u00e0 r\u00e9sidence par Vichy en 1940, il est arr\u00eat\u00e9 en 1942 par les Allemands qui l&rsquo;envoient en camp de concentration, mais il est log\u00e9 \u00e0 part \u00a0dans des conditions sp\u00e9ciales et confortables avec le \u00ab\u00a0gratin\u00a0\u00bb, Blum, Gamelin, Daladier, etc.. Jouhaux est totalement align\u00e9 sur le grand patronat fran\u00e7ais qui marche avec Hitler.<\/p>\n<p><strong>La scission de 1947-1948.<\/strong><\/p>\n<p>Bien que cette \u00e9tude comporte beaucoup de lacunes, on constate que le probl\u00e8me est tout \u00e0 fait similaire apr\u00e8s la guerre. Jouhaux joue le m\u00eame r\u00f4le. En 1945-47, le patronat fran\u00e7ais est moins pr\u00e9sent sur le devant de la sc\u00e8ne (et dans les archives) que les influences am\u00e9ricaines, d&rsquo;abord priv\u00e9es, puis \u00e9tatiques. L&rsquo;\u00e9tude de la scission syndicale fran\u00e7aise de 1946-1948, montre qu&rsquo;Erwin Brown, de l&rsquo;AFL-CIO et appuy\u00e9 par la CIA, joue un r\u00f4le majeur en France et dans les colonies fran\u00e7aises (Magreb et Afrique), comme dans toute l&rsquo;Europe sous domination am\u00e9ricaine.<\/p>\n<p>La m\u00eame chose se produit en Grande-Bretagne o\u00f9 le mouvement ouvrier avait pourtant conserv\u00e9 une certaine combativit\u00e9 et un certain esprit de classe. Qu&rsquo;il conservera d&rsquo;ailleurs jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;affrontement d\u00e9cisif de 1984-85 o\u00f9 Margaret Thatcher r\u00e9ussira \u00e0 casser la gr\u00e8ve et le syndicat des mineurs.<\/p>\n<p>En Allemagne. Les Archives diplomatiques (S\u00e9rie B \u00ab\u00a0Am\u00e9rique\u00a0\u00bb, Fonds \u00ab\u00a0Allemagne\u00a0\u00bb) montrent que le syndicalisme allemand a \u00e9t\u00e9 enti\u00e8rement reconstitu\u00e9, de 1945 \u00e0 1949, par des influences am\u00e9ricaines, syndicales, financi\u00e8res et politiques.<\/p>\n<p>Parenth\u00e8se : depuis environ quarante ans (depuis le milieu des ann\u00e9es 1970), nous sommes entr\u00e9s dans une crise syst\u00e9mique qui ressemble fortement \u00e0 celles des ann\u00e9es 1930. Au congr\u00e8s de l&rsquo;Internationale de 1935, Dimitrov avait donn\u00e9 une d\u00e9finition du fascisme et il expliquait que des pans entiers du mouvement ouvrier pourraient se d\u00e9tacher du r\u00e9formisme et devenir r\u00e9volutionnaires. Or, dans la France de 1945 \u00e0 1949 on est dans une situation oppos\u00e9e. La r\u00e9formisme veut reprendre la main. Mais il ne peut y parvenir spontan\u00e9ment. La CGT r\u00e9unifi\u00e9e \u00e0 la Lib\u00e9ration (en fait, avant la Lib\u00e9ration, \u00e0 l&rsquo;occasion du programme CNR &#8211; le Conseil National de la R\u00e9sistance) anime les luttes et la combativit\u00e9 ouvri\u00e8re ne diminue pas. La scission est parfois difficile \u00e0 r\u00e9aliser et les Am\u00e9ricains s&rsquo;en plaignent. Elle s&rsquo;effectue pourtant, syndicat par syndicat, puis globalement et en accord avec un plan international d&rsquo;origine am\u00e9ricaine.<\/p>\n<p>Dans les syndicats am\u00e9ricains de l&rsquo;AFL-CIO, tous les hauts dirigeants comme Erwin Brown \u00e9taient salari\u00e9s du patronat et de l&rsquo;Etat. Et sous contr\u00f4le de la CIA.<\/p>\n<p>En France, les r\u00e9sultats ont \u00e9t\u00e9 d&rsquo;autant plus spectaculaires que la r\u00e9sistance a \u00e9t\u00e9 moins forte de la part de chefs syndicaux comme Jouhaux.<\/p>\n<p>En Allemagne sous contr\u00f4le am\u00e9ricain, la DGB (fond\u00e9e \u00e0 l&rsquo;origine par des ouvriers ligu\u00e9s contre Bismarck) reprend Tarnoff, son ancien dirigeant qui ne s&rsquo;\u00e9tait pas du tout oppos\u00e9 aux nazis mais qui avait \u00e9t\u00e9 \u00ab\u00a0mis de c\u00f4t\u00e9\u00a0\u00bb. Aujourd&rsquo;hui, on raconte l&rsquo;histoire \u00e0 l&rsquo;envers en rendant le parti communiste allemand (le KPD), soi-disant gauchiste, responsable de la d\u00e9sunion de la gauche face aux nazis. Tarnoff, en 1931 disait : nous sommes les m\u00e9decins au chevet du capitalisme malade. Mais en fait, gr\u00e2ce \u00e0 des gens comme lui, les syndicats se sont couch\u00e9s encore plus que le SPD devant les nazis. Ceux-ci n&rsquo;avaient pas besoin de Tarnoff, ni des autres, ils avaient leur propre personnel.<\/p>\n<p>Ce qui a permis aux Am\u00e9ricains, apr\u00e8s 1945, d&rsquo;aller chercher Tarnoff pour ressuciter des syndicats DGB \u00e0 leur convenance.<\/p>\n<p><strong>Probl\u00e8mes<\/strong>.<\/p>\n<p>Les conditions r\u00e9elles des scissions syndicales restent obscures. En effet, on n&rsquo;a toujours pas acc\u00e8s, en France, aux archives patronales. On ne peut donc qu&rsquo;inf\u00e9rer certains \u00e9l\u00e9ments \u00e0 partir des archives polici\u00e8res qui, heureusement, sont tr\u00e8s pr\u00e9cises.<\/p>\n<p>En 1921-22, il ne s&rsquo;agit pas \u00e0 proprement parler d&rsquo;une scission. La fondation de la CGTU par la minorit\u00e9 r\u00e9volutionnaire de la CGT, en 1922, est une cons\u00e9quence logique du Congr\u00e8s de Tours. En 1939 c&rsquo;est la m\u00eame chose (dans l&rsquo;autres sens) : le refus, par les communistes, de condamner le pacte germano-sovi\u00e9tique entra\u00eene leur exclusion de la CGT en m\u00eame temps que l&rsquo;interdiction du Parti communiste. En 1939, le ministre des Affaires Etrang\u00e8res Georges Bonnet (gouvernement Daladier) avait pr\u00e9venu, l&rsquo;ambassadeur allemand von Petseck\u00a0 que les \u00e9lections de 1940 seraient annul\u00e9es et que les communistes seraient \u00ab\u00a0mis \u00e0 la raison\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Comment connaissons-nous les conditions de la scission d&rsquo;apr\u00e8s-guerre? Parce que les historiens am\u00e9ricains l&rsquo;ont \u00e9tudi\u00e9 (et publi\u00e9) avant nous. Voir, par exemple : \u00ab\u00a0<em>Vichy game<\/em>\u00ab\u00a0, un livre (non traduit et absent des biblioth\u00e8ques fran\u00e7aises) d&rsquo;un universtaire membre de la CIA. Ou encore : Anthony Carew, \u00ab\u00a0<em>Labour under the Marshall Plan : the politics of productivity and the marketing of management <\/em>science\u00a0\u00bb, 1987, (Le mouvement ouvrier europ\u00e9en \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque du Plan Marshall), en anglais, non traduit <a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a>.<\/p>\n<p>Il ressort des archives am\u00e9ricaines que les USA ont soutenu Vichy jusqu&rsquo;au bout et qu&rsquo;ils ne voulaient pas de de Gaulle.<\/p>\n<p>Le plan am\u00e9ricain concerne tous les syndicats de tous les pays d&rsquo;Europe occidentale.<\/p>\n<p>Notre probl\u00e8me, en g\u00e9n\u00e9ral, provient du fait que l&rsquo;histoire sociale (donc syndicale) est en d\u00e9sh\u00e9rence. Si vous voulez travailler sur les mouvemements (pro-)europ\u00e9ens vous aurez toute latitude et des financements faciles. Par contre, sur l&rsquo;histoire de la scission de 1948, je ne connais que le travail de Tania R\u00e9gin sur l&rsquo;histoire du syndicalisme F.O. de 1948 \u00e0 1978, et depuis, plus rien. Impossible de faire carri\u00e8re avec un tel sujet. Au fond, on se demande m\u00eame de quoi peut-on parler.<\/p>\n<p>La question est d\u00e9licate pour les historiens, mais aussi pour les militants syndicaux, ouvriers et autres. La perversion de l&rsquo;histoire de la Deuxi\u00e8me Guerre Mondiale fait tache d&rsquo;huile sur beaucoup d&rsquo;autres domaines. Il en r\u00e9sulte une v\u00e9ritable chappe de plomb. Autrefois, nous avions quelques bons ouvrages universitaires et d&rsquo;enseignement secondaire. La diff\u00e9rence avec la situation d&rsquo;aujourd&rsquo;hui est frappante, pour ne pas dire \u00e9pouvantable.<\/p>\n<p>Les marxistes ont la responsabilit\u00e9 de ne pas \u00ab\u00a0laisser faire\u00a0\u00bb. Certes, une seule personne ne peut pas tout faire. Mais on peut tous faire (un peu) quelque chose.<\/p>\n<p>Le probl\u00e8me le plus s\u00e9rieux est celui des postes et des carri\u00e8res. Pour qu&rsquo;un jeune fasse une th\u00e8se, il faut un jury. Or le paysage est verrouill\u00e9.<\/p>\n<p>Un auteur britannique vient par exemple de publier un livre de 400 pages sur \u00ab\u00a0<em>La conqu\u00eate du travaillisme anglais par le \u00ab\u00a0r\u00e9formisme\u00a0\u00bb am\u00e9ricain<\/em>.\u00a0\u00bb Un tel livre est impensable en France actuellement.<\/p>\n<p>Ainsi, l&rsquo;histoire de la scission syndicale de 1948 sous influence am\u00e9ricaine pose brutalement le probl\u00e8me des interdits intellectuels et professionnels en histoire actuellement.<\/p>\n<p><strong>\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014<\/strong><\/p>\n<p><strong>Discussion<\/strong><\/p>\n<p><strong>Q1 :<\/strong> Questions concernant l&rsquo;importance de l&rsquo;Histoire syndicale et politique. Collaboration de la CGT sous l&rsquo;Occupation, avec ou sans participation de la DGB? L&rsquo;existence d&rsquo;une composante r\u00e9volutionnaire ne favorise-t-elle pas les scissions? Et le d\u00e9clin am\u00e9ricain? Les manipulations du patronat sont nombreuses et \u00e9videntes, il suffit d&rsquo;accorder telle chose aux uns et pas aux autres. On divise facilement les gens avec des faveurs et des jalousies.<\/p>\n<p><strong>Q2 :<\/strong> J&rsquo;\u00e9tais ouvrier m\u00e9tallurgiste et j&rsquo;ai v\u00e9cu les tendances au r\u00e9formisme au sein m\u00eame de la classe ouvri\u00e8re. Il y a des contradictions internes \u00e0 la classe ouvri\u00e8re. J&rsquo;ai vu des exclusions de \u00ab\u00a0gauchistes\u00a0\u00bb, mais aussi, \u00e0 plusieurs reprises, j&rsquo;ai vu de bons repr\u00e9sentants syndicaux devenir des collaborateurs \u00e9troits du patronat. Dominants-domin\u00e9s. La classe ouvri\u00e8re est un milieu fragile. La cause des scissions, on ne la voit pas \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur.<\/p>\n<p><strong>Q3 :<\/strong> Approuve la conf\u00e9rence. Demande des pr\u00e9cisions sur Ren\u00e9 Belin, ancien syndicaliste CGT devenu ministre du Travail de P\u00e9tain.<\/p>\n<p><strong>R\u00e9ponses.<\/strong><\/p>\n<p>La situation allemande est diff\u00e9rente de la situation fran\u00e7aise. En Allemagne, les partisans de la collaboration de classe cessent de militer. Il y a peu de collaboration active avec le patronat. Au 1<sup>er<\/sup> mai 1933, la DGB a particip\u00e9 \u00e0 la mascarade par laquelle l&rsquo;Etat nazi prenait possession des avoirs et des locaux syndicaux o\u00f9 les nazis vont installer leur personnel. En France, la situation est tr\u00e8s diff\u00e9rente. Ren\u00e9 Belin \u00e9tait le second de Jouhaux et est devenu ministre du Travail et de la Production Industrielle de P\u00e9tain. En fait, il a servi de paravent et il n&rsquo;avait qu&rsquo;une seule chose \u00e0 faire : signer. Mais le patronat et les Allemands avaient besoin de cette couverture fournie par les \u00ab\u00a0socio-tra\u00eetres\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Les gens qui parlent de \u00ab\u00a0complotisme\u00a0\u00bb sont ridicules. Les calculs politiques impliquent toujours des strat\u00e9gies et dans certaines circonstances, une strat\u00e9gie \u00ab\u00a0marche comme sur des roulettes\u00a0\u00bb. Certaines strat\u00e9gies \u00ab\u00a0marchent\u00a0\u00bb et d&rsquo;autres pas. Cela ne d\u00e9pend pas du talent du \u00ab\u00a0comploteur\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Dans les ann\u00e9es 1930 est apparue une syndicalisation des cadres, parfois sur des bases qui n&rsquo;\u00e9taient pas des bases de collaboration de classes. C&rsquo;est dire combien le patronat a eu peur du Front Populaire en 1936. Dans les ann\u00e9es 1970, on est d\u00e9j\u00e0 dans une conjoncture diff\u00e9rente o\u00f9 le r\u00e9formisme s&rsquo;est install\u00e9 et domine. Et on aboutit directement \u00e0 la conjoncture d&rsquo;aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n<p>Mais revenons \u00e0 Marx et aux \u00ab\u00a0contradictions internes\u00a0\u00bb de la classe ouvri\u00e8re. Ce dont vous parlez, c&rsquo;est tout simplement de la politique salariale. Depuis le 19 si\u00e8cle, le patronat joue une cat\u00e9gorie contre l&rsquo;autre, les hommes contre les femmes, les qualifi\u00e9s contre les moins qualifi\u00e9s, etc. L&rsquo;objectif est d&rsquo;approfondir toutes les divisions possibles. Il faut bien avoir en t\u00eate que les classes dominantes passent leur temps \u00e0 faire de la \u00ab\u00a0strat\u00e9gie\u00a0\u00bb, comme on vient de le dire.<\/p>\n<p>Les archives polici\u00e8res expliquent tr\u00e8s bien comment le patronat \u00ab\u00a0conquiert\u00a0\u00bb des militants pour les d\u00e9voyer. La lutte des classes est in\u00e9gale. Aussi bien du point de vue mat\u00e9riel que du point de vue intellectuel.<\/p>\n<p>Annie Lacroix-Riz approuve l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;un d\u00e9clin de l&rsquo;imp\u00e9rialisme am\u00e9ricain. En 1945, les USA faisaient 50% de la production mondiale. Aujourd&rsquo;hui, 17%, ou 22%. A la fin de la guerre l&rsquo;imp\u00e9rialisme am\u00e9ricain avait une strat\u00e9gie d&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie totale. L&rsquo;histoire de Yalta et des zones d&rsquo;influence, c&rsquo;\u00e9tait bon pour Churchill, mais Roosevelt a toujours refus\u00e9 d&rsquo;en discuter, m\u00eame entre les Etats-Unis et la Grande-Bretagne.<\/p>\n<p>\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014<\/p>\n<p><strong>Q4 :<\/strong> Je ne remet pas en question le travail de Claude Willard sur Guesde <a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a>. Cependant, Guesde \u00e9tait-il vraiment marxiste? Seconde question : le syndicalisme n&rsquo;est-il pas toujours naturellement r\u00e9formiste? En se basant, par exemple, sur les statuts de F.O., il me semble que la CGT reprend les m\u00eames principes alors qu&rsquo;elle s&rsquo;est donn\u00e9e pour objectif l&rsquo;abolition du salariat et des classes. A la CGT, la question de la n\u00e9gociation est suspendue \u00e0 celle du rapport des forces. Dans les autres syndicats, on n\u00e9gocie pour n\u00e9gocier.<\/p>\n<p><strong>Q5 :<\/strong> Est-il envisageable qu&rsquo;une seule organisation syndicale repr\u00e9sente tous les salari\u00e9s? L&rsquo;exemple actuel de la Gr\u00e8ce semble aller dans ce sens. En France, ce serait le chaos.<\/p>\n<p><strong>Q6 :<\/strong> Tu emploies beaucoup la distinction \u00ab\u00a0r\u00e9volutionnaire\u00a0\u00bb \/ \u00ab\u00a0r\u00e9formiste\u00a0\u00bb. Est-ce une opposition pertinente? N&rsquo;a-t-elle pas \u00e9t\u00e9 d\u00e9finitivement enterr\u00e9e en 1936? O\u00f9 nous conduit une telle opposition?<\/p>\n<p><strong>Q7 :<\/strong> Michel Gruselle rappelle les trois mois de gr\u00e8ve \u00e0 Decazeville (1961) qui ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 la grande gr\u00e8ve des mineurs de 1963. Le pr\u00e9fet et le patronat se r\u00e9unissaient tous les jours (et ce n&rsquo;\u00e9tait pas pour le bien des mineurs).<\/p>\n<p><strong>R\u00e9ponses.<\/strong><\/p>\n<p>Guesde \u00e9tait-il marxiste? L&rsquo;histoire du mouvement ouvrier en France est depuis fort longtemps r\u00e9formiste. Il y a un \u00ab\u00a0terreau\u00a0\u00bb national pour le r\u00e9formisme. Mais il y a aussi la conjoncture et les \u00e9v\u00e9nements d\u00e9pendent de la combinaison des deux. Depuis 30 ou 40 ans, on subit des circonstances \u00ab\u00a0pourries\u00a0\u00bb qui deviennent une sorte de contexte, d&rsquo;air du temps, et nous en oublions une partie de l&rsquo;histoire.<\/p>\n<p>On ne sait pas, actuellement comment se sont combin\u00e9s les facteurs nationaux et internationaux.<\/p>\n<p>Dans l&rsquo;internationalisation de la production, patronats et gouvernements ont pratiqu\u00e9 de nombreuses casses industrielles. Ils ont \u00e9videmment choisi de pr\u00e9f\u00e9rence, les usines o\u00f9 les ouvriers \u00e9taient revendicatifs et les syndicats forts. L&rsquo;exemple de la zone de Teschen est bien connu : apr\u00e8s la Premi\u00e8re Guerre mondiale, Schneider fut consult\u00e9 pour d\u00e9finir les fronti\u00e8res de la nouvelle Tch\u00e9coslovaquie et il a rejet\u00e9 la zone de Teschen o\u00f9 les ouvriers (polonais) \u00e9taient trop revenducatifs.<\/p>\n<p>L&rsquo;histoire est pleine d&rsquo;interrogations. Comment se fait-il que la conjoncture se soit invers\u00e9e (vers la gauche) en France, de 1934 \u00e0 1936 ? Ou encore : pourquoi cette m\u00eame conjoncture a-t-elle bascul\u00e9 en Russie, de 1917 \u00e0 1922, et non pas en Italie qui pr\u00e9sentait un tableau tout \u00e0 fait comparable?<\/p>\n<p>\u2014\u2014\u2014\u2014<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Mais en Biblioth\u00e8que, \u00e0 Sciences-Po, Paris-7, l&rsquo;ENS, et Nanterre BDIC.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> Par exemple : Claude Willard, \u00ab\u00a0<em>Les guesdistes : le mouvement socialiste en France : 1893-1905<\/em> (1965)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Annie LACROIX-RIZ : Syndicalisme ouvrier et imp\u00e9rialisme depuis les ann\u00e9es 1930 Conf\u00e9rence no 3 du Cycle 2015-2016 &#8211; Jeudi 17 d\u00e9cembre 2015 &#8211; Amphi Roussy (Campus des Cordeliers) Annie Lacroix-Riz est professeur \u00e9m\u00e9rite d&rsquo;histoire contemporaine \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 Paris-VII. Michel Gruselle ouvre la s\u00e9ance avec les remerciements d&rsquo;usage et en rappelant les informations de base concernant &hellip; <a href=\"https:\/\/www.cuem.info\/?page_id=448\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">R\u00e9sum\u00e9 A. 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